«Être poète, c'est assurément avoir goûté à l'invisible amande du visible, c'est aussi avoir le pressentiment que le dénuement et le doute sont plus nourriciers que la connaissance assurée.»
*** Ibo ***
… Je suis le poète farouche, L'homme devoir, Le souffle des douleurs, la bouche Du clairon noir ;
Le rêveur qui sur ses registres Met les vivants, Qui mêle des strophes sinistres Aux quatre vents ;
Le songeur ailé, l'âpre athlète Au bras nerveux, Et je traînerai la comète Par les cheveux. … J'irai lire la grande bible ; J'entrerai nu Jusqu'au tabernacle terrible De l'inconnu.
Jusqu'au seuil de l'ombre et du vide, Gouffres ouverts Que garde la meute livide Des noirs éclairs,
Jusqu'aux portes visionnaires Du ciel sacré ; Et si vous aboyez, tonnerres, Je rugirai.