Alcôve






Pleurer, ne pas pleurer
Aduler la souffrance
La laisser vous cueillir et s'y abandonner
Sombrer dans la démence
D'un rire trop lointain
Pour que puisse passer le moindre souvenir
Pleurer là dans un coin
Laisser l'âme exhaler son ultime soupir...

Et puis, tendre une main
Vers l'autre qui s'en vient
Et murmure en un souffle,
...............il fera beau demain...


Car vois-tu cette pièce où je pleurais sans bruit
Au secret de l'alcôve
Ce souvenir lointain blotti au creux du lit
Je crains qu'il ne se sauve

Et me laisse à jamais suivre seule un chemin
Où profonde est l'ornière
Où glissante est la boue qui borde le ravin
Lorsque meurt la bruyère

Pourtant ce souvenir me pèse et m'envahit
De sombres mélopées
Où les voix s'épuisent dans l'ombre et l'infini
D'une triste épopée

Mais alors ce regard qui ne sait ce qu'il voit
Pénètre la lumière
Eblouissante et nue dans le jour qui décroît
Et la nuit qui m'enserre...

*

Patricia M.© 00038155







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