Que j'ai aimé ta beauté sauvage et violente, Tes vastes étendues de landes désertiques Battues des vents, semées de légendes antiques. La mer, en furie, hurlant telle une démente,
Ecumait sa rage sur les hauts rochers noirs Emergeant de ses flots depuis des millénaires Et rejetait vers le ciel sa salive amère. Poursuivis par le vent, de lourds nuages noirs
S'enfuyaient dans les cieux sous des formes étranges Jaillies de l'imagination contemplative Qui me tenait là, écoutant la voix plaintive, Moqueuse ou lugubre qui, tel un mauvais ange
Jetait sur l'île une triste désolation. Je restais là, face à la mer, cheveux au vent, Et, dans la fureur déchaînée des éléments, Me fondre en eux devenait sourde tentation...