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La Mère
Lorsque je partirai pour mon dernier voyage, Je veux que vous gardiez le souvenir de moi, Qui vous ai tant aimés, tant donné en partage, Et vous chéris toujours, aussi fort quautrefois.
Quand vous étiez petits, dans les années bénies, Que de nuits jai veillé près de votre berceau, Guettant votre sommeil, votre souffle de vie, Votre moindre soupir, votre moindre sanglot.
Puis vous avez grandi, forgé vos caractères, Avez quitté le nid pour aller vivre ailleurs. Que la maison sans vous me paraissait austère, Et combien le silence était lourd à mon cur.
Sen est allé le temps. Mais malgré les épreuves, Nous sommes par le cur toujours restés liés. Sil est des souvenirs qui aujourdhui mémeuvent, Je ne regrette rien, je nai rien oublié.
Me voici maintenant au terme de ma vie. Mes joues se sont ridées, mes cheveux sont tout blancs. Pourtant jéprouve encor lirrésistible envie De vous serrer très fort entre mes bras tremblants.
Lorsque je partirai au pays des nuages, Le soir, à la veillée, parlez un peu de moi, Qui vous ai tant aimés, tant donné en partage, Et vous chéris toujours, encor plus quautrefois.
Renée Jeanne MIGNARD
 
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