 
Le masque
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Javais quelque chose à te dire, Un mot qui vient, un mot de plus, un mot de trop
Je devrais peut-être lécrire ? Ou loublier, comme on oublie les mots idiots
Quand je ne suis que le reflet Des nuits sans lune, ô vaines nuits ! Nuits de silence
Devrais-je aussi laisser enfler Ce cur si noir, où rien ne vit que la souffrance ?
Et lenfermer dans ses méandres, Où tous les mots, les sentiments, ne sont que mort, Et puis me taire, et puis attendre
Laisser le temps changer dhumeur et de décor.
Mais tout est lourd dans ces moments, Tout est si froid, si loin de moi, et cette angoisse Dont je connais tous les accents, Nen est pas moins cette ennemie qui me terrasse
Mais toi, dun geste ou dun sourire, Tu veux chasser, de ces pensées, lombre qui vient, Tu dis « Cherchons des mots pour rire ! Amusons-nous, soyons heureux, tout ça nest rien ! »
Et je souris, en singe tendre, Mes mots tennuient, ou te font peur, ou te font mal Et tu ne veux pas les entendre
Jen cherche ailleurs, de plus légers, de moins fatals,
Et je me surprends à porter Pour toi aussi, ce masque usé des jours de peine, Où jai patiemment incrusté Des fausses joies qui vont cacher mes larmes vaines
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Bifane
La tanière des poètes
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